TOUR DU MONDE VIII Indonésie I

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Tour du Monde 1996/1997 in a larger map



                                                          INDONESIE



Mercredi 16 juillet 1997 (Suite)

...Puis nous survolons une île indonésienne avant d'arriver à Bali et de faire un grand virage au dessus de la péninsule de Bukit. Je suis surpris et choqué de constater que Kuta n'est qu'une immense rue bordée de commerces et de restaurants sans charme même si l'architecture tente parfois d'imiter les contours tarabiscotés des temples anciens. La plage est immense mais son étendue ne l'empêche pas d'être noire de monde, des familles en vacances, plein d'enfants...européens, des vendeurs de colifichets et de fausses rolex, des femmes proposant des massages, tout ce monde se bouscule à qui mieux mieux sur un sable pas très propre devant une mer et des vagues aguichantes pour les surfeurs mais moi je ne viens pas ici pour ça !



J'ai pris un taxi pour gagner le "Puri Damai Cottage" à Legian, à la consternation du chauffeur qui prétend que c'est cher et que lui connait des chambres bien meilleur marché ! Le Puri Damai n'a pas de chambre libre en ce moment mais il a une filiale encore plus au nord , le "Puri Damai Cottage II", que je gagne à pied, lourdement chargé, à l'étonnement amusé des balinais. Les bâtiments à l'architecture traditionnelle entourent un jardin luxuriant, le tout situé dans une ruelle un peu écartée mais pas trop loin de la plage dans sa partie nord, moins envahie qu'au sud et au centre. J'apprécie le calme relatif car ici la moindre ruelle est le théatre d'un défilé permanent de motos pétaradantes. Un peu au nord de la plage il y a une tour de saut à l'élastique avec à son pied une prodigieuse piscine avec des sculptures énormes en forme d'animaux fantastiques dont la gueule crache un jet d'eau, aux quatre angles.



Jeudi 17 juillet

Je parcours la rue principale de Legian et Kuta à la recherche d'une banque car la première chose que je compte faire à Bali est de m'assurer le transfert des 10 000 Francs qui restent sur mon compte, à part 5 000 qui serviront à l'achat du billet de retour après Bangkok. Mais les banques sont fermées aujourd'hui et j'apprends que c'est un jour férié musulman. On m'assure qu'elles seront ouvertes demain. Je suis irrité par les innombrables vendeurs à la sauvette qui tentent de refiler leur camelote, les continuels appels des chauffeurs de minibus qui interdisent par ailleurs l'accès aux taxis et aux bémos, les serveuses de restaurant qui hèlent le moindre piéton d'une voix flutée, toutes ces démarches rendent difficile la progression le long de trottoirs encombrés d'étalages (et parfois percés de trous perfides) et écoeurent le touriste par l'insincérité de leurs "hellooooo" et autres "how are you ?" mielleux et accrocheurs. Il faut bien que ces gens gagnent leur vie, mais mon dieu qu'ils s'y prennent mal ! Et que leur comportement de copie conforme est exaspérant ! A propos de copie, Bali est le paradis du toc et de l'imitation frauduleuse, du vol d'image de marque : faux parfums Calvin Klein, faux tee-shirts de Tintin (très mal faits) fausses casquettes, etc...Enfin les restaurants servent tous la même cuisine copie, américano-européo-mexicano-japano-indonésienne à des prix relativement bon marché, encore que les portions ne soient pas gargantuesques.

Vendredi 18 juillet

Je visite une succession de banques mais aucune ne pratique le transfert comme je l'aurais souhaité, c'est à dire en se chargeant d'initier le virement des fonds. Il faut que ce soit moi qui faxe à ma banque l'ordre de virement en indiquant l'adresse et le code de la banque à Bali. Finalement je pense que ce n'est pas judicieux de faire venir le reste de mon argent sous forme d'espèces qu'il faudra ensuite changer dans les différents pays alors que je peux procéder à peu près partout à des retraits par carte bancaire. Il est urgent d'attendre ! Sasaki, la japonaise de l'île de Pâques, n'est pas venue à Bali, en tout cas pas à l'adresse qu'elle m'avait donnée.

Samedi 19 juillet

J'ai loué un vélo pour trois jours et je visite le sud, derrière l'aéroport. La baie de Jimbaran est beaucoup plus calme que Kuta mais aussi infiniment plus chère ! J'escalade la colline de Bukit et gagne le très beau site du temple Ulu Watu au sommet d'une falaise plongeant dans la mer, où il faudra que je revienne avec un appareil photo, de préférence au coucher du soleil, ce qui veut dire avec mon propre moyen de transport car les bémos ne passeront pas si tard. Le sud et la péninsule de Bukit sont curieusement couverts d'une végétation plus sèche que ce que l'on imagine pour Bali, il y a même des cactus. Les falaises d' Ulu Watu me semblent un lieu propice à la méditation ou au moins à la contemplation. Pour revenir à Kuta, ce qui était une montée ardue devient une descente vertigineuse.

Dimanche 20 juillet

Longue promenade à vélo en direction de Nusa Dua où je visite le site de cette petite presqu'île très agréable, des petites anses rocheuses tourmentées, puis j'atteins le cap Benoa et son village de pêcheurs. Mais la côte ici est plate et à marée basse !

Lundi 21 juillet

La route jusqu'à Sanur est sans attrait. Je suis étonné par la circulation très dense au sud de Denpasar, je savais que Bali était développée, mais pas à ce point. La plage de Sanur n'est pas plus intéressante que celle de Nusa Dua. Je rentre en passant au sud de Denpasar, le long d'un parc avec un grand monument en pierre au milieu d'un jardin non repertorié sur ma carte.

Mardi 22 juillet

Rien de marquant, repos, lecture, révision de japonais.

Mercredi 23 juillet

Idem. J'envoie un fax au Crédit Agricole pour solder mon compte Univar.

Jeudi 24 juillet

Je vais à Denpasar en bémo (1000 R.) Le musée ferme à l'heure où j'arrive, c'est une habitude chez moi : 14 heures. Le marché ne présente guère d'attraits, surtout quand on s'aperçoit que les vendeurs lavent les ustensiles et les plats dans l'eau infecte de la rivière qui longe l'endroit ! Je répère une banque près du musée qui sert de correspondant à Western Union. En dehors de cela il n'y a pas grand chose dans cette ville, tout est situé à Kuta bien sûr ! J'ai retiré un million de roupies (~2500 FF) au guichet de Bank Bali avec ma mastercard.

Vendredi 25 juillet

R.A.S.

Samedi 26 juillet

Je prends un bémo pour Denpasar. A la station Tegal il faut emprunter un autre bémo pour la station Kereneng, mais je m'y rends à pied et de là je prends le bémo pour Batubulan. J'y attends plus d'une heure le départ du bémo d' Ubud. Ouf ! quel cirque ! La prochaine fois je prendrais le shuttle bus direct de Kuta même si c'est deux fois plus cher ! Ubud est une longue rue bordée de commerces comme à Kuta, avec en plus ici un ou deux temples significatifs et un palais. Sinon des rues très étroites partent sur les côtés. Je m'arrête près du musée dans un café au bord d'une étroite vallée encaissée. Puis je continue en direction de Campuhan où vécut Walter Spies, après une autre vallée encaissée et luxuriante mais on ne voit pas grand chose en dehors de la rue étroite où se situe l'hôtel luxueux qui s'est installé à la place de la résidence de l'artiste. Je me hazarde dans les rizières puis regagne le centre et bifurque vers "Monkey Forest", la grande attraction du coin. Les singes vivent grassement du tourisme et prospèrent. Bien qu'il soit interdit de les nourrir et de les toucher, personne ne semble se soucier de respecter ces restrictions. Je ne pense pas avoir envie de séjourner à Ubud. Les promenades sont bien vite faites et l'endroit trop bâti. Il n'y a que les spectacles de danses, éventuellement. J'attends en vain le passage d'un bémo pour Denpasar. Trouver une chambre à 7000 Rs reviendrai moins cher que de retourner à Kuta en taxi mais c'est précisément le problème : tout est complet sauf à marcher à l'aventure assez loin du centre. Je dîne au restaurant où je m'étais arrêté cet après-midi, le "Mumbul's Cafe", car le "Lotus" au décor splendide (les tables sont au bord d'un bassin couvert de...lotus !) est déja fermé lorsque je me décide, à 21 h 45. Je cherche une dernière fois un losmen qui aurait encore une chambre miraculeusement disponible, dans une ruelle au bout de laquelle il y a un établissement de bains de boues. Puis je me décide à contrecoeur à négocier un taxi pour 35 000 Rs afin de rentrer à Kuta.

Dimanche 27 juillet

J'ai décidé aujourd'hui de mon itinéraire après Kuta : je m'embarque à Sanur pour l'île de Lembongan d'où je rejoindrai celle de Penida, puis reviendrai sur Bali à Padangbai où je m'installerai pour explorer l'est et le nord avant de continuer par Lombok jusqu'à Komodo et ses "dragons". Je reprends aussi la rédaction de mon journal, négligée depuis le départ de Tahiti. Le soir je dépense une fortune au Hard Rock Cafe (45 000 Rs !) A ce rythme là je ne tiendrai jamais deux mois en Indonésie et je pourrai encore moins visiter le Japon. Mais quelque part au fond de moi je suis profondément déçu par Bali et il faut que je compense.

Lundi 28 juillet

Ce soir je dine au "Bambou Palace". C'est bon mais le service est très lent.

Mardi 29 juillet

Comme je passe mes journées, après un lever tardif, à lire, étudier le japonais, rédiger mon journal, c'est le restaurant du soir qui me sert de point de repère pour les différencier : ce soir je dine au retaurant suisse !

Mercredi 30 juillet

Je téléphone à maman et suis rassuré bien qu'elle m'annonce que dans quinze jours elle sera de nouveau opérée. Je lui décris Bali et ma déception. Mais il y a autre chose en Indonésie, que j'espère découvrir les prochains jours. Cette fois je choisis le restaurant grec parce qu'il est juste à la sortie de la cabine téléphonique. J'y suis le seul consommateur. Les serveurs m'énervent parce qu'ils attendent les clients assis à l'entrée sans se rendre compte qu'ils la bloquent ainsi psychologiquement. Le souvlaki n'est pas terrible et je me sens désolé par le mauvais sort réservé à l'établissement. Tant de vies dépendent du tourisme, ici...J'achète au supermarché "Bintang" voisin le premier livre de la série des "Indiana Jones", I.J. and the peril at Delphi, 20 000 Rs, un caprice !

Jeudi 31 juillet

Bien entendu je suis hypnotisé par ma lecture et parviens très difficilement à m'en extraire le temps d'une douche et d'un repas au restaurant français, le "Topi Koki", où je reprends de l'agneau. Il aurait fallu que j'expérimente aussi le rosé local mais j'avais assez d'alcool avec ma bière. J'ai fait développer les photos prises à Tahiti et que je croyais perdues car sous-exposées mais le photographe fait des miracles : je peux admirer le visage plein de caractère du marin tatoué (voir Samedi 7 juin) Marin ou pirate ?

Vendredi 1° août

Je me suis trompé quelque part dans les dates car je pensais être arrivé déja au samedi. Hier donc (jeudi) après avoir achevé ma rédaction je suis parti comme tous ces derniers jours admirer le coucher de soleil sur la plage. Abordé bien sûr par toutes sortes de vendeurs et vendeuses de camelote avec leurs exaspérants "hellooooo...."Et je fulminais intérieurement contre la vanité de leur quête infantile quand je fus frappé par le rapprochement avec ma propre quête vaine en ce lieu ; nous étions tous comme des papillons attirés par la lumière, aveuglés par elle et ne comprenant pas que ce qu'ils cherchent est ailleurs ou bien nécessite un comportement différent. Une procession religieuse interrompt ces pensées. Après une crémation on venait disperser les cendres dans la mer. Les touristes en maillot de bain s'agglutinaient autour comme des mouches sur de la viande.

 
 

Le lendemain je suis allé à Sanur afin de me renseigner sur l'heure de départ du bateau : 7 h 30, et sur les hôtels du coin. Je négocie une chambre à 15 000 Rs et réserve pour demain. Pendant que j'étais sur la plage arrive une autre magnifique procession, en blanc cette fois (hier ils étaient en noir) accompagnée de cette musique balinaise que j'adore. Dommage que je n'aie pas pris la vidéo.

Samedi 2 août

De retour à Kuta hier soir j'ai retiré 600 000 Rs avec ma carte (il n'y a pas de banque sur les îles de Lembongan et Penida ) Ce matin je prends un taxi pour gagner le "Rani" où je passerai deux nuits puis je longe la plage de Sanur vers le sud. A l'extrémité de la promenade le sentier finit dans des dunes-terrain vague avec vue sur des échaffaudages-grues qui rouillent. Est-ce une carrière de graviers, de l'autre côté ? En tout cas ce n'est pas romantique du tout. Le long de la plage les bâtiments cachés au fond des jardins sont agréables et il y a deux belles piscines. Des jeunes ont construit un cerf-volant géant mais je n'ai pas le temps d'attendre pour voir s'il volera. Je prends ensuite la rue principale de Sanur vers le supermarché, m'arrête pour un jus de fruit dans un restaurant écologique et y rencontre un jeune couple suisse qui feuillettent le guide du routard "Chili-Argentine". Je leur demande s'ils font également le tour du monde. Ils passeront par l' Australie où ils resteront deux mois. Je m'étonne qu'ils ne prévoient pas de passer par les chutes d' Iguazu mais le jeune homme me dit qu'il les a déjà vues et qu'alors il n'y avait presque pas d'eau.

Dimanche 3 août

Je refais la même promenade que hier après avoir acheté mon billet pour Lembongan : 15 000 Rs. Cette fois avec ma caméra vidéo mais il n'y a rien d'intéressant. Je filme le coucher du soleil pour finir ma cassette. J'ai trouvé un autre supermarché bien plus près de l'hôtel mais il n'y a absolument rien, pas même du papier toilette ! Je mange au "Borneo (Kalimantan)" un bon steack d'espadon.

Lundi 4 août

Il faut entrer dans l'eau pour monter dans le bateau. Ce n'est pas pratique avec tout mon chargement sur le dos. On ne distingue pas les côtes lointaines dans la brume. Les balanciers projettent de l'eau en traversant les vagues et les passagers sont copieusement arrosés. En débarquant sur la plage je ne vois pas les bungalows, ils sont plus loin à gauche, mais on m'indique de prendre la route à l'intérieur et je m'y perdrais presque si ce n'est qu'un type insiste pour m'amener à sa pension (et toucher une commission). La bretelle droite de mon sac à dos se détache. J'arrive enfin là où sont tous les guest-houses en commençant par le plus luxueux que je contourne soigneusement. J'atteins ensuite le "Mainski" où l'on me propose dabord une chambre avec baignoire et eau chaude à 30 000 Rs que je refuse avant d'accepter un bungalow à 10 000 Rs. Je passe l'après-midi à lire du japonais et à roupiller : j'aurais bien assez de temps pour reconnaître cette toute petite île et en faire le tour, rien ne presse. A six heures du soir quand je mets le nez dehors, surprise : la mer est maintenant à marée basse et je découvre des cultures d'algues avec des piquets et des ficelles tendues exactement là où vers midi les surfeurs affrontaient les vagues. J'essaie d'arriver au rivage en pataugeant dans les allées mais il se fait tard, on n'y verra bientôt plus rien et je retourne sur la plage. Apparement à marée haute l'eau n'est pas trop profonde par ici et on risque de se prendre les pieds dans les cultures sans compter les épaves rouillées et hérissées de déchirures qui parsèment les champs : ce n'est pas pratique pour se baigner.

Mardi 5 août

Je pars à pied le long de la plage vers le village. Il y a un "office du tourisme" à l'entrée de la zone des bungalows avec une carte schématique de l'île. Je continue en direction des anses du sud-ouest. Je sirote une noix de coco puis gagne "Mushroom Bay", une enclave de luxe où je pourrais faire du snorkeling car le fond est tapissé de corail et d'une végétation marine qui a l'air superbe. Je me perds ensuite dans le labyrinthe des ruelles et des sentiers à travers champs jusqu'à ce que j'atteigne une baie entourée de rochers, déserte et absolument splendide. Les vagues ici sont très puissantes ce qui explique qu'elle ne soit pas fréquentée mais je suis enchanté du site. Lembongan, c'est Bali telle qu'elle devait être il y a cinquante ans, avant l'invasion massive des touristes. Je flâne le long de la côte rocheuse. Je pense regagner mes pénates et traverse le village de Lembongan avec ses ruelles inaltérées par le monde moderne. Il n'y a pas d'automobiles dans cette île bien qu'il y ait des routes goudronnées ou cimentées. Je grimpe vers le temple que j'ai aperçu du rivage afin de trouver un raccourci mais je retombe sur les criques au sud de la baie , avant de rentrer à temps pour une nouvelle exploration des pâturages d'algues et des débris de navire, juste au bord de la mer. Le sol est couvert de corail et de plantes marines visqueuses, grouillant de vie malgré le retrait de l'eau, qui n'est d'ailleurs pas total, il y a des rigoles submergées.

Mercredi 6 août

Aujourd'hui je me sens fatigué et passe mon temps à étudier le japonais. En fin de journée je vais à la pointe nord-est de l'île d'où l'on aperçoit enfin Bali, avec un magnifique coucher de soleil au retour.

 
 

 
 

 
 
 
Jeudi 7 août
 
Je pars le long de la côte est à la recherche du point d'embarquement pour Nusa Penida mais s'il y a des villages de pêcheurs il ne semble pas y avoir de liaisons régulières pour l'île qui est tout à côté. Je franchis ensuite le pont et parviens à l'îlot de Ceningan. J'escalade directement la colline centrale et trouve un chemin au sommet : je vais dabord au nord-est d'où l'on a une vue directe de Penida en face, avec une belle crique isolée où j'irai volontiers faire un tour...
 
Et plus loin au nord la plage de Toyapakeh avec beaucoup d'activité, des gros bateaux sans doute pour la plongée (d'après les indications qui figurent sur ma carte) De là je vais au sud-ouest, à la pointe où les vagues viennent se fracasser.
 
 
Et je rentre en passant par le village de Lembongan où la "maison enterrée" ne semble pas présenter grand intérêt.
 
 
 
 
Vendredi 8 août
 
Je reprends la direction de Mushroom Bay où j'ai l'intention de me baigner mais je suis surpris par la température assez frisquette de l'eau sans compter les turbulences des vagues incessantes. C'est qu'il n'y a pas de lagon ici pour réchauffer la mer et sans doute les vagues arrivent-elles en droite ligne de l' Antarctique ! Il n'y a d'ailleurs rien d'intéressant à voir au fond de l'eau, le masque est inutile.
 
Samedi 9 août
 
Comme la baignade n'est guère attrayante je me dirige vers la petite crique que j'avais répéré mardi pour y faire du naturisme. Je longe la côte rocheuse du sud-ouest où les vagues viennent se fracasser en un affrontement titanesque et incessant.
 
 
 
 
One.....
 
 
....Two !
 
 
Comme chaque soir je rencontre en rentrant les écoliers en uniforme qui tiennent chacun à la main un petit seau d'eau ce qui rappelle combien l'île est sèche ce qui la rend favorable à la culture des algues (la pluie et l'eau douce diminuent l'acidité et la salinité nécessaires à cette culture qui ne trouve pas de terrain propice ailleurs qu'ici)
 
Dimanche 10 août
 
Je retourne contempler l'océan furieux à la pointe sud-ouest. Je ne me résoud pas à quitter l'île bien qu'ayant épuisé le catalogue de ses curiosités. Il faudrait que je prenne un bateau à 5 h 30 du matin ou bien que j'en loue un pour 50 000 Rs ! J'étudie l'itinéraire jusqu'à Flores en passant par Komodo.
 
Lundi 11 août
 
Toujours pas parti ce matin. Je me balade au milieu des champs, prenant les sentiers au hasard, étonnant les paysans guère habitués à rencontrer des occidentaux égarés si loin de leur réserve naturelle ! Si je veux voir autre chose que Bali il faut que je me décide à bouger.
 
Mardi 12 août
 
Ce matin je me suis quand même décidé à me lever après avoir payé ma note hier au soir. Ce n'est pas le fait de se lever de si bonne heure qui m'emmerde, c'est le trajet sur la plage et dans le noir. Comme la marée est haute l'eau atteint le rivage et il faut que je marche avec mes sandales en plastique mais le sable s'infiltre et le frottement des grains me fait grimacer de douleur. Quand j'arrive enfin au lieu d'embarquement je veux retourner sur la plage après avoir déposé quelques sacs dans la barque afin de pouvoir enlever mes sandales qui s'enfoncent dans le sable sous l'eau. Mal m'en a prit, j'ai toujours mon sac à dos et une vague me fait tituber, je vacille et manque tomber à l'eau, me rattrappe de justesse mais mon chapeau et mes lunettes plongent. Je récupère mon chapeau trempé, les lunettes hélas sont perdues car il fait trop sombre pour les récupérer dans la vase et personne ne les trouve. Le bateau doit partir : finalement le passage me revient beaucoup plus cher que les 5 000 Rs du billet. Si j'avais pris un bateau même à 50 000 Rs, ça aurait été plus avantageux car je l'aurais fait de jour et j'aurais fait attendre le temps qu'il faut pour retrouver mes lunettes. Arrivés à Nusa Penida le bateau s'arrête dans la rade de Toyapakeh et j'en profite pour descendre là et prendre une chambre à l'unique losmen pour 10 000 Rs. Il n'y a pas beaucoup de choix non plus pour manger ou boire. Un seul magasin dispose d'un frigidaire pour servir des boissons fraîches ! Je prends la route qui mène à Sakti puis descends dans une magnifique palmeraie au bord d'une plage déserte à l'exception de quelques travailleurs occupés à transporter du sable. Il y a un îlot dans la baie, creusé d'une arche naturelle, le tout balayé par les vagues de l'océan Indien. Pas un touriste à 20 km à la ronde, sauf peut-être sur les petites barques à voile ballotées par les flots. Je reviens par l'intérieur en grimpant sur les collines dont un côté plonge dans la mer, séparées les unes des autres par des profondes gorges creusées par les rivières qui doivent exister là pendant la saison des pluies, car maintenant tout est sec et j'apprécie le nuage qui semble flotter sur place au dessus de moi pour l'ombre qu'il me procure. En passant d'une colline à l'autre il me faut remonter les vallées aux pentes très escarpées puis je passe à l'intérieur, descends, remonte, me perds mille fois dans ce labyrinthe de sentiers et parviens enfin à la petite baie aperçue jeudi dernier où j'espère me baigner. Il n'y a qu'une batisse dans les cocotiers au milieu des champs et un temple de l'autre côté, tout semble désert. Je me déshabille et bientôt aperçoit deux petits pêcheurs sur la falaise. J'essaie d'entrer dans l'eau, plus chaude qu'à Lembongan, mais elle est peu profonde et le sol assez glissant. Je ne parviens pas à rester stable, tombe à l'eau bien avant d'avoir de quoi nager et des paysans arrivent sur la plage. Je ressors pour surveiller mes affaires. Il faudrait venir ici avec un bateau ou bien je regrette d'avoir perdu mes chaussures en plastique. En tout cas le retour à Toyapakeh par l'intérieur dédalique me prend bien du temps. Il n'y a pas d'accès à cette anse par l'intérieur en voiture, c'est une bonne chose, mais il y a quand même beaucoup de paysans dans la vallée et cependant rien à manger ou à boire, pas de commerces. Si l'eau des puits est suffisante pour le bétail, je ne m'en servirai pas pour mon usage. Le losmen a un autre client, un japonais que j'ai quitté ce matin vautré sur un divan, et que je retrouve le soir dans la même position.
 
Mercredi 13 août
 
Je prends un bémo pour le port de Buyuk pour 5 000 Rs après avoir refusé l'offre d'une moto pour le même prix ! Avec mon sac à dos, ils ne doutent de rien, ces indonésiens ! Là je prends la navette pour Padangbai pour 5 000 Rs aussi. Le port est agréable et j'y resterais bien volontiers quelques temps mais je dois prendre le ferry pour Lombok ( 5500 Rs) La traversée dure 5 heures ! C'est ce détroit très profond qui sépare les îles indonésiennes en deux régions écologiques, d'après Wallace (qui contribua aux idées de Darwin) A Lombok l'office du tourisme fournit une carte , les gens sont serviables. Je descends dans le losmen "Sri Wayuh" à Serumbung car la nuit va tomber. Pour 8500 Rs c'est juste une cabane, mais avec une moustiquaire. Je mange un bon "nasi goreng special".
 
Jeudi 14 août
 
A la sortie du losmen je tombe sur un bémo qui me conduit à Mataram à la station de bus où je me laisse docilement mener à un bus direct pour Sape (et de là Komodo). Le billet est à 35 000 Rs. Je sens l'arnaque mais je ne réagis pas. A côté il y a d'autres bus avec air-conditionné et vidéo, c'est un de ceux là que j'aurais du prendre. Les indonésiens fument cigarette sur cigarette, dans ce pays ils n'atteignent pas l'âge où l'on meurt du cancer du poumon ! Ils ne semblent pas se douter que la fumée peut incommoder les autres passagers. Même en Afrique il est interdit de fumer dans les bus, ici ils sont vraiment en retard sur ce point. En attendant le départ à 10 h 30 les bus sont envahis de petits vendeurs. Le bus traverse l'île de Lombok, assez verdoyante, puis nous prenons le ferry pour Sumbawa, très sèche par contraste, où j'aperçois paradoxalement des buffles, animaux de pays humides par excellence, toujours vautrés dans l'eau. Après une halte pour manger (à 16 h 30 !) nous roulons de nuit et arrivons à Bima vers 23 heures. Là il faut changer de bus, si on peut donner ce nom à cette caisse à roulettes ! et attendre 5 heures du matin pour gagner Sape, à une heure de route.
 
Vendredi 15 août
 
Le ferry part à 8 heures. Le billet pour Labuanbajo revient à 11 500 Rs. Comme c'est vendredi il ne s'arrête pas à Komodo. De toutes façons je vais dabord à Flores, mais je m'arrêterais cependant une nuit à Labuanbajo pour me reposer et me laver. Le trajet dure plus de 8 heures ! Nous longeons l'île de Komodo qui semble absolument aride et désertique à part quelques buissons épars dans le creux des vallées. A l'arrivée toute la ville est rassemblée en préparation de la fête de l'indépendance qui aura lieu dans deux jours. Mais c'est un désastre pour moi : tous les hôtels sont complets. Moi qui me réjouissait de pouvoir enfin prendre une bonne douche ! Je fais trois fois le tour de la ville sous l' oeil ironique des rabatteurs dont j'avais dabord refusé les offres car je souhaitais vraiment trouver une chambre confortable après une nuit recroquevillé dans un bus ! Finalement je trouve une chambre à l'hôtel Mitra pour 10 000 Rs mais c'est un cagibi sans fenêtre et le "mandi" (salle de bains) est trop étroit et très peu pratique. Il faut bien que je m'y lave quand même puis je vais diner de barracuda au restaurant "Borobodur", très fréquenté malgré un service lent et dur à la détente. Les serveuses se mettent à trois pour essayer de comprendre ce que désirent ces martiens débarqués à l'improviste. Pourtant le menu est rudimentaire et deux items sur trois sont hors saison ou bien en rupture de stock. Il y a plus de personnel que de clients mais ça n'a rien à voir avec l'auberge de l' Eridan (Pour les ignares en matière de gastronomie, un restaurant *** Michelin en bordure du lac d' Annecy)
 
Samedi 16 août
 
Je me lève trop tard pour le bus de 7 heures. Je pense prendre un bus pour Ruteng afin de m'avancer et progresser par sauts de puce mais le manager me dit qu'il n'y aura pas de bus pour Ende avant le matin suivant. Finalement je prendrais le bus de 17 heures, direct pour Ende, qui roulera toute la nuit. Je me promène en suivant la route qui surplombe Labuanbajo puis me dirige vers la "Pede Beach", encore à l'état quasi sauvage malgré un hôtel et quelques misérables cahutes. Hier soir il est tombé une trombe d'eau tropicale sur la ville mais aujourd'hui il n'y en a quasiment plus trace. Le manager fait tout son possible pour me garder une nuit de plus mais je n'ose pas lui dire que ses chambres (et surtout les "mandis") sont vraiment trop minables ! De toutes façons les plages potables sont trop loin du centre et il n'y a rien d'autre à faire dans ce patelin qu'attendre les bus pour l'intérieur ou le bateau pour Komodo et ses dragons. On verra quand je repasserais. J'espère surtout qu'il y aura moins de touristes, par moments on se croirait à Kuta ! Le ferry arrive avec deux heures de retard, qui se répercutent sur le départ du bus obligé de l'attendre avant de partir. Deux jeunes australiens l'ont quitté, découragés par ce retard imprévu et par l'annonce (heureusement fantaisiste) que le bus mettait 24 heures pour parcourir le trajet ! Pour faire le voyage avec moi il reste deux couples, un de jeunes suisses français et un de français. Ce n'est pas encore la pleine lune mais elle brille suffisament pour éclairer le paysage verdoyant de montagne dans lequel s'insinue une route assez tournoyante.
 
Dimanche 17 août
 
C'est aujourd'hui la fête nationale de l' Indonésie, commémorant le 52° anniversaire du soulèvement de 1945. Parvenus à Ende nous chartons un bémo pour Moni (20 000 Rs à cinq) ce qui nous revient à peine plus cher que le bus régulier (3 000 Rs) A Moni je cherche un hôtel décent avec mandi mais le choix est très restreint. Au "Friendship" je prends une chambre à 10 000 Rs. Cependant l'eau stagne sur le plancher de la salle de bain. L'eau est froide et colorée rouge sang. Seul les hôtels semblent avoir l'eau courante, même les restaurants lavent leur vaisselle dans la rigole, le long de la route ! La localité a d'ailleurs souffert récemment d'un grave tremblement de terre et une partie de l'hôtel est encore en ruines. Les restaurants offrent tous le même choix de plats réduits à un squelette et même les plats de poulet conviendraient à des végétariens tant il est miraculeux de tomber sur un morceau de viande consistant ! Je marche l'après-midi sur la route du volcan Kelimutu au milieu des rizières jusqu'au portail d'entrée du parc et redescends par le raccourci jusqu'à la cascade au pied du village, enfouie dans une gorge profonde à la végétation luxuriante.
 
Lundi 18 août
 
Départ à quatre heures du matin et embarquement dans un camion à banquettes de bois. Au portail je paye 3 000 Rs, 3 fois le prix normal, car dans la confusion du petit matin je n'ai pas compris que le gardien m'a fait payer pour trois personnes ! Au sommet, après le parking, un chemin mène dans l'obscurité et le froid jusqu'à une crête entre les lacs d'où l'on observe le lever du soleil. Les gens papotent, couvrant du bruit de leurs conversations le merveilleux gazouillis des oiseaux que je tente en vain d'enregistrer avec ma caméra vidéo. Les lacs avec leurs parois à pic sont impressionnants même si la variété et le contraste des trois couleurs différentes se sont progressivement affadis avec le temps.
 
 


 

A gauche une échappée donne sur le rivage de l'océan. Quelques mois auparavant un tsunami a ravagé la côte, faisant des milliers de victimes.

 
 

 


 

 
 


 
 
A cette altitude (1550-1600 m) les résineux dominent dans la végétation. Puis en redescendant, à pied cette fois, je rencontre de magnifiques fougères géantes que je photographie.
 
 
 
Le rouleau de 36 pellicules que j'ai acheté à Bali est presque fini, il ne m'en reste que 4 ou 5 pour les dragons de Komodo ! De retour à Moni je déjeune dans un restaurant répéré la veille à cause d'un lavabo en évidence où j'espère me laver les mains. Hélas, ce n'est qu'un décor, il n'y a pas d'eau. Quatre jeunes assoiffés s'arrêtent et demandent de l'eau fraîche : hélas, il n'y a pas de frigidaire. Et comme d'habitude le menu déjà lilliputien se réduit encore davantage à la commande lorsqu'on apprend qu'un plat sur deux est en rupture de stock (ou hors saison : une notion un peu difficile à comprendre dans ce pays tropical ou il n'y en a que deux : la saison sèche et la saison des pluies !)
 
Mardi 19 août
 
Je me lève tranquillement et prends le bus d' Ende vers 9 heures. La route est superbe, j'ai envie de la faire à pied, le prochain voyage j'éviterais de m'encombrer avec d'énormes bagages ou alors il faudra que je vienne avec mon propre véhicule. A Ende où je parviens vers 11 heures je décide d'aller à pied jusqu'à l'autre terminal, éloigné de 6 km, pour Bajawa, car sinon je devrais descendre du bémo à mi-chemin et je ne sais pas où se trouvent les restaurants. J'ai faim et il faut que je mange avant de repartir pour je ne sais combien d'heures. Je trouve une charette-restaurant-disco-karaoké sur le bord de la plage où mon arrivée sac au dos ne passe pas inaperçue. Bien entendu ils n'ont plus de crevettes mais quand même du crabe dont seules les pattes sont assez goûteuses. Le reste du tiers de crabe coupé en morceaux est insipide. Enfin, la vue est belle et le bruit de la mer reposant. Comme de coûtume les serveurs ne se gênent pas pour s'asseoir à ma table et fumer sans demander mon avis quand ils ne crachent pas carrément à mes pieds ! Les touristes encouragent peut-être cette attitude par peur de se sentir rétrograde ou colonialiste attardé mais ils ne se rendent pas compte que la distance et les bonnes manières n'empêchent pas le contact humain. Ils ne rendent aucun service aux gens du pays quand ils les persuadent qu'ils sont sur le même pied qu'eux alors qu'indépendamment de leur situation économique bien plus précaire et de leur manque d'éducation, qui ne leur permettent pas d'apprécier les choses de la même façon que les occidentaux, ils oublient la nécéssité de motiver les individus vers davantage d'hygiène à défaut de confort et de richesse matérielle, vers davantage d'efficacité aussi dans leur travail si le flot des visiteurs doit continuer à alimenter l'économie locale et ne pas se tarir à force de lasser les bonnes volontés. Paradoxalement, voyager à bon marché peut finir par coûter cher, à la santé et à l'équilibre sinon au portefeuille. Les plats ne coûtent certes pas beaucoup mais il en faut plusieurs pour rassasier un appétit d'européen moyen, bien plus corpulent et habitué à une nourriture riche que les indonésiens maigrichons. De même les sièges des autobus conviennent difficilement à la carrure d'un touriste occidental moyen. Quant à l'eau des mandis, elle stagne dans le bassin, c'est un réservoir à moustiques. La dengue doit être très répandue par ici ! J'hésite à m'arrêter dans l'hôtel que je rencontre sur mon chemin. La baie d' Ende est splendide mais ai-je vraiment le temps de traîner un jour de plus ici ? Finalement je vais au terminal en me disant que s'il n'y a pas de bus pour Bajawa avant tard le soir je reviendrais en ville. Cependant il y a un départ prévu pour 15 heures, ce qui me convient car je tiens à revoir à la lumière du jour le paysage de bord de mer que nous avions traversé de nuit à l'aller. En fait, comme je m'y attendais, le bus ne part que vers 17 heures ce qui laisse bien peu de jour pour admirer ce rivage superbe. Sur la plage il y a des galets bleu pâle qui semblent être récoltés et utilisés commercialement. A Bajawa il fait nuit noire quand nous arrivons. Je descends à l'hôtel Korina où je partage une chambre à 20 000 Rs avec une américaine  venue de Darwin en passant par Timor qui me demande si je suis le "Jean-Claude" du show télévisé qui raconte ses voyages. Première nouvelle ! J'ignore tout de cette émission américaine. De plus ma colocataire en a entendu parler par son père, ce n'est pas une information de première main. Mais j'aurais bien voulu être ce "Jean-Claude" là, cependant ! Au restaurant en face où je vais pour chercher une bouteille d'eau je suis accueilli par des "hellooooo my friend" qui m'exaspèrent au point que je refuse la main tendue du serveur et rebrousse chemin sans rien acheter. Difficile de faire comprendre à ces gens qu'il est foncièrement hypocrite de donner du "my friend" à des personnes qu'on ne connaît en fait ni d' Eve ni d' Adam. Est-ce la proximité des australiens dénués de bonnes manières qui a ainsi corrompu les indonésiens ?
 
Mercredi 20 août
 
Le bus de Ruteng est censé partir à 7 heures 30. Je ne veux pas acheter le billet vendu par l'hôtelier, sans doute plus cher qu'au tarif normal, et vais au terminal à pied car les bémos ne semblent pas s'arrêter. Mais je me trompe de route et fais deux kilomètres avant de m'en apercevoir (le terminal est à 3 km) et dois revenir sur mes pas. Finalement un bémo me prend et m'y conduit. J'arrive à temps pour le départ du bus vers 8 heures 30. Il s'arrête longtemps dans un village de la côte pour une histoire de paperasse. Il y a une splendide montagne conique peu après Bajawa. A Ruteng on me fait monter dans un autobus censé partir pour Labuanbajo, mais au lieu de ça il fait dix fois le tour de la ville avant de s'arrêter à des lieues du terminal. Je redescends et gagne un restaurant, affamé, puis comme il se fait tard je décide de m'arrêter à Ruteng pour la nuit et vais à l'hôtel Sindha. Je choisis une chambre avec mandi, spacieuse, à 15 000 Rs. Mais l'eau ne coule pas du robinet. De toutes façons c'est de l'eau froide et ici, en altitude, je suis trop frileux pour me laver la tête à l'eau froide. J'attendrais Labuanbajo pour me laver les cheveux. Mais pour le coup je réclame une réduction car sans eau, pas la peine de payer pour un mandi !
 
Jeudi 21 août
 
Ce matin j'attends longtemps au terminal car j'ai choisi le bus apparemment le plus moderne et confortable mais c'est celui qui part en dernier. J'en profite pour photographier un jeune vendeur de gateaux.
 
 
 Puis quand le bus démarre il fait un tour dans un quartier un peu plus haut où je découvre cet habitat de récupération original.
 
 
 
La route de Labuanbajo peu avant l'arrivée est un autre exemple de paysage magnifique pour lequel il faudra que je revienne. Le bus, malgré qu'il soit un bus postal, ne s'arrête jamais là où il faudrait, où les perspectives valent un cliché. A l'arrivée à Labuanbajo les hôtels sont encore plus pleins que l'autre jour : je me retrouve à 3 km sur la plage, la chambre est immense, il y a de l'eau, je me lave les cheveux (15 000 Rs) Mais je dois déchanter pour la ballade en bateau à Rinca, ça me coûterait bien trop cher pour moi tout seul (75 000 Rs) et je ne trouve personne avec qui partager la dépense.
 
Vendredi 22 août
 
A l'hôtel Cenanga il y a un couple qui parle français avec deux petits garçons. Ils partent en bateau pour la journée avec trois autres personnes. Moi, j'erre en ville sans rien trouver d'intéressant et finalement décide de partir pour Komodo en ferry le lendemain. Mes fonds sont de plus en plus réduits et il faudra que je trouve une banque avec A.T.M. bientôt, avant Denpasar même, mais demain je serais à Komodo où il n'y a rien et ensuite ce sera dimanche et tout sera fermé.
 
Samedi 23 août
 
Je quitte l'hôtel à 7 heures 15 avec le véhicule gratuit qui fait la navette pour aller en ville et prends un billet pour Komodo (4000 Rs) Ce n'est pas le même navire qu'à l'aller. Le paysage désertique ne semble pas appartenir au monde tropical ou équatorial. Le bateau qui assure le transfert jusqu'au rivage casse du bois en se frottant contre le ferry. Ce n'est que le toit. Nous nous approchons du village et je ne vois pas de ponton : il va encore falloir faire trempette. Mais ce n'est qu'un arrêt intermédiaire où l'on décharge quelques cartons. Nous gagnons ensuite la baie où se situent les bungalows du parc et là il y a un ponton, plus haut que le pont du navire d'ailleurs, mais au moins cette fois on débarque les pieds au sec. Il y a un comité d'acceuil. Après avoir fait la queue je paye 20 000 Rs pour l'entrée au parc et 10 000 Rs pour le lit dans une chambre ou plutôt une cellule dans le bungalow. J'y retrouve un japonais que j'avais déjà aperçu à Ruteng et dans l'hôtel de Pede Beach. Une visite aux dragons est prévue à 16 heures. En attendant je vais au restaurant puis me repose sur le balcon quand je vois un petit dragon se faufiler sous la cabane en face. Puis une jeune femme m'annonce qu'un gros se prélasse devant le restaurant. Je pars le filmer. Il a l'air familier des lieux, je dirais apprivoisé, mais il ne faut pas s'y fier. A 16 heures une foule d'environ 20 personnes se presse sur le sentier. En dehors des gros lézards il y a aussi les cerfs de Timor et les cochons qui vont leur servir de nourriture. Nous rencontrons des araignées géantes semblables à celles que j'ai déjà vues en Afrique et en Inde et un cacatoès au sommet d'un arbre. Il y a un autre jeune japonais qui se fait photographier devant l'un des dragons en brandissant un baton d'un air menaçant. J'engage la conversation avec lui. C'est un étudiant en engineering. Il voudrait aussi voyager sur l' Amazone. J'ai encore de la peine à m'exprimer en japonais et à comprendre ce qu'on me dit : j'ai vraiment besoin d'un séjour là-bas.
 
 
 
 
 
 
 
 Dimanche 24 août
 
En partant, la péniche qui nous conduit au ferry stationne longuement dans la petite baie où se pratique le snorkeling, me faisant regretter de ne pas rester plus longtemps sur l'île malgré la présence envahissante des touristes de luxe du superbe bateau de croisière (le "Bali Dancer"?) et d'un autre voilier traditionnel dans la baie. Le ferry passe cette fois au sud de Komodo. La traversée est longue, de huit à neuf heures. A peine débarqués, et même avant car les démarcheurs sautent sur le bateau avant qu'il soit complètement amarré, une nuée de vendeurs de tickets de bus se précipite sur les touristes. J'hésite à en prendre un car les bus sont à Bima et je ne peux juger que sur photo : si elle a été prise il y a vingt ans....!? Mais la proposition pour Lombok est la moins chère (23 000 Rs). J'ai vraiment été eu à l'aller quand j'ai payé 35 000 Rs ! Après Sape la route pour Bima grimpe un col et des petits singes attendent les dons des passants au bord de la route. A Bima le bus part à 19 h 30, il est complet comme semblent être aussi tous les autres.
 
Lundi 25 août
 
Arrivée dans l'île de Lombok au petit matin. A Sweta, au terminal, c'est l'habituelle cohue des intermédiaires proposant des bémos ou des bus pour toutes les directions. Mais après m'être fait cirer les chaussures (pour la première fois depuis le Chili !) je vais à pied au centre ville à 5 ou 6 km car je cherche une banque avec A.T.M. ou bien qui fait des "cash advance" sur carte de crédit. Je trouve ce qu'il me faut à la dernière que j'essaie et je tire 800 000 Rs. Je repars pour Bali sans m'arrêter à Lombok ni escalader le Rinjani comme je l'avais prévu au départ car indépendamment de la dépense supplémentaire il me faudrait cinq jours au moins et ce serait harassant. Ce sera pour un autre voyage en Indonésie, de préférence avec mon propre véhicule ou une moto. Le ferry est archibondé et je trouve tout juste une place pour poser mon sac. Je ne peux gagner le bar et laisser mes bagages sans surveillance malgré ma faim et les quatre heures du trajet. Ce bateau semble plus rapide que celui que j'ai pris à l'aller. Il doit d'ailleurs stationner au large à l'arrivée car le ferry précédent est encore à quai. Je cherche un hôtel à Padangbai ce qui s'avère aussi dur qu'à Labuanbajo. Peut-être aurais-je mieux fait de m'arrêter une nuit à Lombok, après tout ? Mais finalement je trouve une jolie chambre avec baignoire (oui, j'ai bien dit "baignoire" et non "mandi") au "Jatiwangi Inn", un peu loin de la plage, en ville, mais à 15 000 Rs dans une superbe demeure au style traditionnel avec des portes à sculptures fleuries et tarabiscotées comme celles dont j'aimerais pouvoir orner mon éventuelle future demeure. Je me précipite au restaurant mais il n'y a pas de poissons : à cause d'une crémation les pêcheurs ne sont pas sortis aujourd'hui. La crémation se prolonge dans la soirée, il fait trop obscur pour en prendre des vues. Je mange quand même des crevettes mais les portions me semblent congrues.
 
Mardi 26 août
 
Après avoir acheté un billet de bus pour Yogyakarta pour demain midi (45 000 Rs) je visite les plages et les rivages de roches volcaniques noires aux formes tourmentées. Il y a plusieurs tunnels ou failles et une vie foisonnante les anime (petits poissons, crabes, etc...) La petite baie au sud-ouest semble idéale pour le snorkeling mais quand j'y retournerai assez tard, vers seize heures, la mer est beaucoup trop agitée pour y voir clair. De l'autre côté de la baie je rencontre un canard qui semble immobilisé car il ne fuit pas à mon approche et me regarde. Animal domestique égaré ou canard sauvage ? Finalement quand je repasse un peu après il a disparu. C'est donc un canard sauvage, sans doute épuisé. Il y a un petit temple sur le promontoire qui sépare la baie de Padangbai de celle de Candidasa et les bateaux de plongeurs contournent ce petit cap.
 
Mercredi 27 août
 
Au dessus de ma chambre la terrasse est un véritable petit temple balinais que je filme avant de prendre le bus. La route traverse des paysages verdoyants. Le détroit qui sépare Bali de Java est atteint à la nuit tombante. Après celà je ne distingue plus grand chose.
 
Jeudi 28 août
 
Arrivés à Solo il faut changer de bus : celui qui parcourt le restant du trajet est archiplein. La route passe devant les temples de Prambanan. Le terminal de Yogyakarta est comme d'habitude en pleine campagne. Je décide de gagner le centre à pied car il est tôt et j'ai tout mon temps pour trouver une chambre. A la sortie un vieux me demande où je vais et comme je lui dis le centre et la gare il m'indique....la direction opposée. Bien entendu je ne m'en rends compte qu'après plusieurs kilomètres, lourdement chargé et haletant. Je décide de m'arrêter dans un hôtel du quartier sud, le Gunung Agung, où je trouve une chambre au dessus de la piscine pour 12 500 Rs, petit-déjeuner compris, car autrement il y a encore plusieurs kms avant la gare. Je déniche un restaurant français pas très loin et je me paye un beefsteack au poivre : c'est presque Kuta Beach. Le soir je goûte le steack de cobra, craquant et un peu coriace, malgré un verre de vin blanc !
 
Vendredi 29 août
 
Encore impur de mon repas de la veille je gagne Borobodur, haut lieu du bouddhisme. Il y a un temple sur la route avant d'arriver au site proprement dit. Là encore à la descente du bus on est assailli par une meute de "guides" et autres rickshaws qui demandent une somme exhorbitante pour faire les 300 mètres jusqu'à l'entrée. Il y a une multitude de boutiques sur l'esplanade et chaque vendeur pousse des "halloooo...." pathétiques pour attirer le chaland ce qui a pour effet dans mon cas de le faire fuir. Je finis quand même par m'arrêter dans un stand car j'ai soif et j'essaie le jus de durian, pas mauvais, et si ce fruit a une odeur désagréable ce n'est pas au point de m'écoeurer comme me l'avaient fait craindre les voyageurs rencontrés à Zanzibar. Pour visiter le temple les étrangers paient 5 000 Rs. Ce n'est pas bien cher mais c'est quand même une curieuse manière de remercier les pays qui ont financés la restauration de ce monument, d'autant qu'à l'intérieur du parc les vendeurs à la sauvette qui n'ont pas eu à payer leur entrée, eux, continuent de harceler les touristes. Les indonésiens ne payent pas mais dégradent allègrement, fumant, polluant, escaladant les oeuvres fragiles du passé. Au fond, ils s'en foutent, c'est un haut lieu du bouddhisme et eux, ils sont musulmans. Il y a une équipe qui tourne un documentaire et je les filme. Le site me déçoit un peu en cette saison sèche car il donne une impression d'aridité déconcertante par rapport à l'idée préconçue qu'on se fait d'être dans une région équatoriale, donc luxuriante. Seules les collines au loin et le Mérapi, encore plus loin dans la brume, répondent à l'image traditionnelle qu'on se fait de Borobodur.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 



 
 
 
 
 

 
 
Quant au musée, c'est une catastrophe : l'unique salle intéressante, celle où sont les reproductions photographiques des frises sculptées avec des légendes explicatives, est aussi occupée par un écran géant de télévision devant lequel sont vautrés des guides ou gardiens désoeuvrés et le son poussé au maximum empêche toute concentration. Au retour je fais un saut jusqu'au petit temple "Pawon" mais celui de Mendut, au bord de la route, est trop loin car il se fait tard. Bien sûr, le temple de Pawon est entouré de boutiques de souvenirs ringards et une nuée de vendeuses sangsues empêche toute contemplation sereine.
 
Samedi 30 août
 
Je suis fatigué et j'ai une petite crève, contrecoup de ma nuit en bus à l'air conditionné et de la balade consécutive du matin suivant avec un lourd sac à dos opprimant la poitrine. Je réussis quand même à partir vers onze heures-midi en direction de la station de bus où je mets une bonne demi-heure à répérer le bus jaune "Pemuda" indiqué par le Lonely Planet pour aller à Prambanan. L'entrée coûte également 5 000 Rs pour les étrangers et là aussi le parc est plein de vendeurs à la sauvette que je remballe un peu durement mais je finis par être exaspéré par leur stupide insistance à gâcher tout ce qui est beau dans leur pays, sans compter la contre productivité de cette attitude : quand bien même les babioles qu'ils proposent auraient une quelconque valeur je me refuse à acheter quoi que ce soit, ce qui serait les encourager à s'insinuer partout où ils voient des touristes, jusque dans les toilettes s'ils pouvaient !
 
 
 
 


 
 

 
 

 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 Je photographie un jeune garçon grimpé dans un cocotier puis le beau temple bouddhiste un peu à l'écart au nord, ensuite le coucher de soleil sur les toits des temples avant de rentrer en mini-bus cette fois et de traverser toute la ville, les quartiers chics au nord-est avec le Sheraton, l'avenue Malioboro après la gare.
 
Dimanche 31 août
 
Je me lève tard, téléphone à ma soeur vers 15 heures (il est dix heures du matin en France, il y a une heure de décalage avec Bali) Maman a été opérée, ça c'est bien passé. J'éspère qu'elle en a fini pour de bon avec l'hôpital maintenant. Je me promène dans le Kraton (quartier royal ancien) un peu au hasard. Il y a une remise à éléphants : un mâle et une femelle qui éprouve un furieux besoin de se gratter contre les énormes pierres du portail. Je remonte Malioboro, déguste une glace dans le mall. Un magasin de photo affiche une annonce de l' U.N.E.S.C.O pour un concours de photo dont je note les références. Je vais jusqu'à la gare quoique j'aie décidé finalement que je n'irais pas à Jakarta : ce n'est qu'une grande ville sans intérêt et il y a encore beaucoup à voir par ici. De plus je suis fatigué de tous ces déplacements incessants.
 
 
 Fin de la page "TOUR DU MONDE VIII Indonésie I"
 
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