Et bien non, je ne suis finalement pas allé à pied jusqu'à Annecy. Parti comme une fusée j'ai vite compris que j'allais trop vite, que mes chaussures étaient trop petites pour mes pieds, qu'il faisait trop souvent mauvais temps, qu'il était quasi impossible de trouver du ravitaillement et même simplement de l'eau potable sans s'éloigner considérablement du tracé du G.R. 2, enfin que mon budget ne m'aurait pas permis d'effectuer des haltes reconstituantes dans un hôtel ou seulement un camping doté de douches chaudes en cours de route. J'ai donc remis ce périple au printemps de l'année prochaîne, lorsque tous ces obstacles seront levés (quant à la météo....?) Je dispose donc du temps suffisant pour une préparation plus sérieuse et efficace. J'avoue aussi que se lancer ainsi pour une très longue randonnée à peine débarqué d'un tour du monde et un peu blasé, question voyage, ça n'était pas une très bonne idée.
Mais je n'étais pas blasé du tout pour le 22° festival des Globe-trotters qui a eu lieu ce dernier week-end et où mon propre enthousiasme a été renouvelé au contact rafraîchissant de celui émanant des nombreux jeunes (et moins jeunes ) postulants au grand départ. En dehors de mes vadrouilles prévues en Europe tout au long des prochaînes années, le germe s'est levé en moi, l'idée d'un troisième tour du monde en 2012-2013 en passant par l' Australie pour assister à l'éclipse totale de soleil de novembre 2012, et de là gagner l'Amérique du sud et remonter la Cordillère des Andes jusqu'en Amérique centrale, puisque d'aucuns ont décrété la fin du monde pour cette époque en accord avec la fin du calendrier maya ! En attendant cette joyeuse perspective, j'aurais fort à faire pour réunir un budget suffisant, mais j'ai encore un an et demi devant moi. En tout cas, avis aux amateurs pour tout ou partie du trajet, surtout l'Australie car il serait plus économique de louer un véhicule à plusieurs par exemple. A suivre
mardi 28 septembre 2010
lundi 26 juillet 2010
CLAP DE FIN ?
En débarquant à Orly le samedi 3 juillet au matin j'achève ce petit tour du monde réduit à l'hémisphère nord, mais qui m'a quand même permis de traverser les trois plus grands pays de la terre par ordre de superficie : la Russie (17 millions de km2) , le Canada (9 984 670 km2 ) et la Chine (9 641 144 km2 ) , ce dernier étant de surcroit le plus peuplé de la planète, en empruntant les deux plus longs trajets en train (sans changer de ligne, ni de wagon) le transsibérien (avec sa variante du transmandchourien) et le transcanadien. J'ai également utilisé le train autant que possible pour les autres déplacements terrestres, sinon le bus quand ça n'a pas été possible pour diverses raisons, le plus souvent accidentelles : cendres volcaniques en provenance d'Islande, grèves ou déraillement consécutif à un glissement de terrain en Chine m'ont contraint à modifier mes plans originaux, dans l'urgence. Et mon budget ne m'a pas permis de franchir les océans en bateau comme je le préfèrerai. Mais que serait un grand voyage s'il n'était ponctué d' imprévus ?
Si j'ai atteint mon but, ce n'est pas pour autant la fin de l'aventure. Dès cette semaine je compte me rendre à Annecy (pour commencer) à pied. Et après...on verra. J'ignore totalement si je pourrai trouver des cafés internet pour continuer à alimenter ce blog. En tout cas je donne rendez-vous à mes lecteurs fin septembre pour le festival des Globe-Trotters à Massy-Palaiseau où je tiendrais un stand sur le thème de ce périple.
Note : ceux qui ont lu mon blog dès le début auront peut-être remarqué que j'ai repris les articles pour corriger la ponctuation défaillante (à cause des claviers étrangers) , ajouter ou modifier des commentaires et enfin illustrer mon texte avec des photos prises sur le site Wikimédia. S'ils ne l'ont pas fait, eh bien les voilà informés ! Y a plus qu'à tout relire !
Si j'ai atteint mon but, ce n'est pas pour autant la fin de l'aventure. Dès cette semaine je compte me rendre à Annecy (pour commencer) à pied. Et après...on verra. J'ignore totalement si je pourrai trouver des cafés internet pour continuer à alimenter ce blog. En tout cas je donne rendez-vous à mes lecteurs fin septembre pour le festival des Globe-Trotters à Massy-Palaiseau où je tiendrais un stand sur le thème de ce périple.
Note : ceux qui ont lu mon blog dès le début auront peut-être remarqué que j'ai repris les articles pour corriger la ponctuation défaillante (à cause des claviers étrangers) , ajouter ou modifier des commentaires et enfin illustrer mon texte avec des photos prises sur le site Wikimédia. S'ils ne l'ont pas fait, eh bien les voilà informés ! Y a plus qu'à tout relire !
vendredi 23 juillet 2010
MONTREAL 2
Ici également il faudra que je passe les quatre premières nuits de mon séjour à camper dans la forêt du parc de Mont Royal, sur les hauteurs qui dominent la ville. J'en profite pour observer l'incroyable diversité ethnique des habitants : à côté des juifs hassidiques tout droit venu d'Europe centrale, des femmes moyen-orientales en tchador, des africains, des sud-américains, des employées de maison venues des Philippines, des chinois bien sûr, j'entendrais un soir, assis à la table d'une étudiante iranienne et de ses parents venus lui rendre visite, un groupe de jeunes russes discuter les résultats du jour de la coupe du monde de football. Durant ces jours se tiennent à Toronto les sommets du G8 et du G20, avec de nombreuses manifestations violentes. Et comme Sarkozy s'était rendu en Chine tandis que j'y étais, il fait aussi une apparition au Canada pendant ma présence ici ! Les deux derniers jours, je retourne à l'auberge de jeunesse et je profite du festival de jazz de Montréal, dont beaucoup de podiums sont à l'air libre et gratuits. L'ambiance est chaude et conviviale. Pour la fête nationale du Canada, le 1° juillet, il y a un défilé, pas du tout militaire, constitué par une succession de troupes folkloriques ou associations représentatives de la diversité d'origines ethniques évoquée plus haut : des écossais en kilt et avec cornemuses, des brésiliens dansant la samba, une société charitable s'occupant de gérer des hôpitaux pour enfants dont les membres se déguisent en bédouins et en chameaux ! , des indiens de Goa, des ukrainiens, hongrois, italiens, portugais, j'en oublie, et tout ce petit monde fait d'excellents canadiens. A la fin du défilé, sur une petite place du centre, les groupes se succèdent pour chanter et danser sur un podium, tandis qu'on partage pour les assistants un énorme gâteau au couleurs nationales, le rouge et le blanc, et à la feuille d'érable.
C'est avec cette impression de concorde et d'harmonie, malgré les problèmes sérieux auquels cette nation est confrontée, comme toutes les autres, que je me rends à l'aéroport international Pierre Trudeau, le lendemain, pour boucler la boucle.
C'est avec cette impression de concorde et d'harmonie, malgré les problèmes sérieux auquels cette nation est confrontée, comme toutes les autres, que je me rends à l'aéroport international Pierre Trudeau, le lendemain, pour boucler la boucle.
jeudi 22 juillet 2010
CAMPING URBAIN
Je passe ma première nuit en bas, au bord du fleuve, ce qui me permet de constater la véracité de ce qu'affirmait le guide : bien que nous soyons loin de l'embouchure et que les eaux ne soient pas salées, l'amplitude des marées se fait ressentir d'une manière assez forte, plus de deux mètres de hauteur. Les navires qui remontent le Saint Laurent en direction des Grands Lacs doivent prendre un pilote à partir d'ici. Cet intense trafic est cependant interrompu durant les longs mois de l'hiver, le fleuve étant pris par les glaces. Je consacre les huit jours suivants à sillonner la ville haute et la ville basse en tous sens. Sur presque chaque maison tant soit peu ancienne est apposée une plaque commémorative relatant toutes les étapes depuis sa fondation, avec les noms des divers propriétaires, locataires, architectes, et même parfois simples visiteurs occasionels ! Située dans la vieille Europe, cette ville aurait beaucoup de mal à se démarquer d'autres cités voisines. Mais ici, en Amérique, elle est véritablement exceptionnelle et attire les touristes par autobus entiers. Le nombre de restaurants et de boutiques de souvenirs en témoigne : le tourisme est la première source de revenus et d'emplois. La fête nationale du Québec coincide avec la Saint Jean, le 24 juin, mais les célébrations se déroulent essentiellement la veille au soir. C'est le cas des groupes musicaux qui se succèdent sur la grande scène dans le parc des batailles, et c'est le cas du feu d'artifice. Les jeunes québécois mettent un point d'honneur à passer la nuit entière dehors et le parc ressemble bien au petit matin à ce que signifie son nom : c'est un champ de bataille, jonché de détritus variés, mais surtout de canettes vides. La pluie diluvienne qui s'est mise à tomber à partir de une heure les force à se regrouper sous les toits des kiosques. Ils s'y livrent alors à une compétition bruyante qui me convainc que le "joual" ne semble pouvoir s'exprimer que dans un niveau sonore voisin des hurlements, à tout le moins par des vociférations sans doute destinées à ranimer un état de veille rendu précaire par une consommation excessive d'alcool, à moins qu'ils n'aient été rendu sourds par les joyeux pétards allumés par milliers. La journée suivante, le 24 juin donc, est remarquablement silencieuse en contraste. Je prends un lit à l'auberge de jeunesse pour les deux dernières nuits. Je la met au premier rang de toutes celles que j'ai fréquenté au Canada, par l'accueil, l'ambiance, le confort, la situation, la clarté, l'espace, etc...
Le samedi 26 juin j'effectue le dernier trajet de mon railpass : QUEBEC-MONTREAL. J'avais lu peu avant que le premier ministre du Québec, en déplacement à Bordeaux, avait évoqué le projet de construire un TGV au Canada, qui partirait d'ici, bien entendu. Les usagers passeraient alors du tortillard actuel, qui contourne entièrement l'agglomération avant de revenir au sud pour franchir le Saint Laurent, au XXI° siècle ferroviaire !
mercredi 21 juillet 2010
QUEBEC
Mardi 15 juin.
Me voici revenu à Halifax et au confort de l'auberge de jeunesse, gérée par des allemands fiers d'exposer les photos des deux fondateurs de l'association internationale, allemands bien sûr, et faisant régner une discipline et une hygiène toutes teutoniques. Je visite la ville la plus ancienne du Canada brittanique issue d'une place forte destinée à contrôler sinon contrecarrer les entreprises françaises voisines de l'Acadie et de Louisbourg, sur les terres ancestrales des indiens Mic-Mac. Lorsque les Etats-Unis obtinrent leur indépendance, beaucoup de loyalistes anglais vinrent s'établir ici. Le fondateur de la ligne Cunhard est le descendant de l'un d'eux. Le centre de l'agglomération est donc l'immense terrain à la pelouse rase qui enserre la forteresse. Les quais du port très actif sont aménagés en promenade avec marchands de souvenir, d'excursion (en bus, bateau et même amphibie à la fois bus et bateau !) casino, cafés, restaurants... c'est une constante de mon voyage au Canada : les bords des océans, des lacs, du Saint-Laurent sont toujours des lieux consacrés aux activités touristiques, sillonnés de pistes cyclables et pourvus de toilettes gratuites. Un marchand de glace affiche le classement des dix meilleurs glaciers du monde, effectué par le "Reader's Digest". Naturellement, il vient en tête. Le parisien Berthillon n' arrive qu'en huitième position. Les grands navires de croisières amarrés juste derrière la gare sont le pendant atlantique de ceux que j'ai vu à Vancouver, partant pour le Pacifique nord et l'Alaska.
Ayant constaté qu'il me serait difficile de rester trop longtemps dans cette région en campant dans la nature, je me résouds à revenir au Québec : c'est bien le diable si je n'y trouve pas un endroit le long du Saint-Laurent où passer les quinze jours qui me séparent encore de l'envol vers la France à moindre frais. Je n'attendrai donc pas la venue de la reine, prévue pour la fin du mois, à l'occasion du centenaire de la marine canadienne.
Vendredi 18 juin.
En effet. Si la ligne Montréal-Halifax est directe, ainsi que Montréal-Québec, en revanche il n'y a pas de ligne Halifax-Québec. On prend le train de retour pour Montréal et on descend au petit matin à la gare de Charny, sur la rive sud en face de Québec que l'on gagne ensuite en taxi, traversant le fleuve par un pont qui sert également pour la voie de chemin de fer Québec-Montréal que je prendrais pour repartir ! C'est apparement trop compliqué pour la logistique de Via Rail de prévoir une correspondance en gare de Charny. Je ne suis pourtant pas le seul passager pour Québec, ce matin-là ! Bon, je râle surtout à cause du supplément de 13 $ demandé pour le taxi collectif qui nous conduit à la gare du centre-ville. Je profite du parcours pour répérer des endroits où le camping sauvage serait possible. Et je suis servi : Tout le site appelé "Plaines d'Abraham" également aménagé en parc public dit "Parc des champs de bataille" domine la ville et la rive du Saint-Laurent sur plusieurs kilomètres. C'est là que je passerais les six nuits suivantes en divers lieux de bivouac, car le camping est officiellement interdit et je ne dois pas attirer l'attention des innombrables jardiniers et gardiens. Mais ce sera tâche facile car tous sont mobilisés par la préparation de la fête nationale du Québec, le 24 juin, pour laquelle une scène géante est en cours de montage, et l'endroit est sillonné par une foultitude de touristes venant de tous les horizons de la planète. De plus j'avais rêvé de découvrir ce site depuis ma première scolarité. Les livres d'histoire étaient alors illustrés de scènes brillament colorées et un chapitre représentant la mort de Montcalm devant les murs de Québec m'avait vivement impressionné. Depuis lors la perte du Canada m'était restée en travers de la gorge, comme une sorte d'injustice de l'Histoire. Presque tous les cent mètres, des panneaux explicatifs narrent les moindres péripéties de ce conflit et de ses suites. Le belvédère qui domine le Saint-Laurent est le point d'arrêt obligé de tous les autobus de touristes et j'entends les longs développements historiques des guides, en toutes les langues. L'un d'entre eux rappelle, pour des touristes français, que la province française de cette époque s'étendait bien au délà des frontières actuelles du Québec. L'Amérique française descendait jusqu'à la Louisiane et c'est justement parce qu'elle étoufait les treize colonies anglaises, à l'étroit dans la bande cotière limitée par la chaîne des Appalaches à l'ouest que la rivalité avait finit par prendre les proportions d'une guerre. C'est donc autant aux Etats-Unis d'aujourd'hui qu'au Québec qu'on peut trouver des descendants des premiers colons. Et de citer un nom de voiture bien connu : Cadillac. Hélas, contrairement aux anglais, personne à l'époque ne se souciait de défendre ces "quelques arpents de neige" comme le disait Voltaire. Et lorsque Bougainville (oui, celui du tour du monde) fût envoyé à Versailles plaider la cause des canadiens et demander des renforts, le ministre lui répondit qu'on ne s'occupait pas de l'écurie quand la maison brûlait, sur quoi le futur explorateur s'exclamât : "Monsieur, me prenez-vous pour un cheval ?"
Me voici revenu à Halifax et au confort de l'auberge de jeunesse, gérée par des allemands fiers d'exposer les photos des deux fondateurs de l'association internationale, allemands bien sûr, et faisant régner une discipline et une hygiène toutes teutoniques. Je visite la ville la plus ancienne du Canada brittanique issue d'une place forte destinée à contrôler sinon contrecarrer les entreprises françaises voisines de l'Acadie et de Louisbourg, sur les terres ancestrales des indiens Mic-Mac. Lorsque les Etats-Unis obtinrent leur indépendance, beaucoup de loyalistes anglais vinrent s'établir ici. Le fondateur de la ligne Cunhard est le descendant de l'un d'eux. Le centre de l'agglomération est donc l'immense terrain à la pelouse rase qui enserre la forteresse. Les quais du port très actif sont aménagés en promenade avec marchands de souvenir, d'excursion (en bus, bateau et même amphibie à la fois bus et bateau !) casino, cafés, restaurants... c'est une constante de mon voyage au Canada : les bords des océans, des lacs, du Saint-Laurent sont toujours des lieux consacrés aux activités touristiques, sillonnés de pistes cyclables et pourvus de toilettes gratuites. Un marchand de glace affiche le classement des dix meilleurs glaciers du monde, effectué par le "Reader's Digest". Naturellement, il vient en tête. Le parisien Berthillon n' arrive qu'en huitième position. Les grands navires de croisières amarrés juste derrière la gare sont le pendant atlantique de ceux que j'ai vu à Vancouver, partant pour le Pacifique nord et l'Alaska.
Ayant constaté qu'il me serait difficile de rester trop longtemps dans cette région en campant dans la nature, je me résouds à revenir au Québec : c'est bien le diable si je n'y trouve pas un endroit le long du Saint-Laurent où passer les quinze jours qui me séparent encore de l'envol vers la France à moindre frais. Je n'attendrai donc pas la venue de la reine, prévue pour la fin du mois, à l'occasion du centenaire de la marine canadienne.
Vendredi 18 juin.
En effet. Si la ligne Montréal-Halifax est directe, ainsi que Montréal-Québec, en revanche il n'y a pas de ligne Halifax-Québec. On prend le train de retour pour Montréal et on descend au petit matin à la gare de Charny, sur la rive sud en face de Québec que l'on gagne ensuite en taxi, traversant le fleuve par un pont qui sert également pour la voie de chemin de fer Québec-Montréal que je prendrais pour repartir ! C'est apparement trop compliqué pour la logistique de Via Rail de prévoir une correspondance en gare de Charny. Je ne suis pourtant pas le seul passager pour Québec, ce matin-là ! Bon, je râle surtout à cause du supplément de 13 $ demandé pour le taxi collectif qui nous conduit à la gare du centre-ville. Je profite du parcours pour répérer des endroits où le camping sauvage serait possible. Et je suis servi : Tout le site appelé "Plaines d'Abraham" également aménagé en parc public dit "Parc des champs de bataille" domine la ville et la rive du Saint-Laurent sur plusieurs kilomètres. C'est là que je passerais les six nuits suivantes en divers lieux de bivouac, car le camping est officiellement interdit et je ne dois pas attirer l'attention des innombrables jardiniers et gardiens. Mais ce sera tâche facile car tous sont mobilisés par la préparation de la fête nationale du Québec, le 24 juin, pour laquelle une scène géante est en cours de montage, et l'endroit est sillonné par une foultitude de touristes venant de tous les horizons de la planète. De plus j'avais rêvé de découvrir ce site depuis ma première scolarité. Les livres d'histoire étaient alors illustrés de scènes brillament colorées et un chapitre représentant la mort de Montcalm devant les murs de Québec m'avait vivement impressionné. Depuis lors la perte du Canada m'était restée en travers de la gorge, comme une sorte d'injustice de l'Histoire. Presque tous les cent mètres, des panneaux explicatifs narrent les moindres péripéties de ce conflit et de ses suites. Le belvédère qui domine le Saint-Laurent est le point d'arrêt obligé de tous les autobus de touristes et j'entends les longs développements historiques des guides, en toutes les langues. L'un d'entre eux rappelle, pour des touristes français, que la province française de cette époque s'étendait bien au délà des frontières actuelles du Québec. L'Amérique française descendait jusqu'à la Louisiane et c'est justement parce qu'elle étoufait les treize colonies anglaises, à l'étroit dans la bande cotière limitée par la chaîne des Appalaches à l'ouest que la rivalité avait finit par prendre les proportions d'une guerre. C'est donc autant aux Etats-Unis d'aujourd'hui qu'au Québec qu'on peut trouver des descendants des premiers colons. Et de citer un nom de voiture bien connu : Cadillac. Hélas, contrairement aux anglais, personne à l'époque ne se souciait de défendre ces "quelques arpents de neige" comme le disait Voltaire. Et lorsque Bougainville (oui, celui du tour du monde) fût envoyé à Versailles plaider la cause des canadiens et demander des renforts, le ministre lui répondit qu'on ne s'occupait pas de l'écurie quand la maison brûlait, sur quoi le futur explorateur s'exclamât : "Monsieur, me prenez-vous pour un cheval ?"
mardi 20 juillet 2010
HALIFAX



Photos sur site Wikimédia ( Halifax : Thorfinn Stainforth, Peggy's Cove : Aconcagua, le phare : Bob Jagendorf)



Parti le 10 juin au soir, ce n'est que le lendemain après-midi que le train s'arrête au terminus oriental des voies de chemin de fer de la compagnie VIA RAIL. HALIFAX, capitale de la Nouvelle Ecosse, l'ancienne Acadie Française, prise aux indiens Mic-Mac qui la peuplaient à l'origine, est une assez belle ville, le grand port sur l'Atlantique le plus proche de l'Europe et le point de débarquement des survivants du Titanic en 1912. Ce fût aussi le port de chargement pour le transport des munitions durant les deux guerres mondiales ce qui lui valût d'être presque entièrement rasée en 1917 par la plus grosse explosion de type non nucléaire de tous les temps lorsqu'un convoi entier prit feu. Un symbole frappant de cette vocation maritîme est que ce fût la ville natale du fondateur de la ligne de paquebots Cunhard.
J'ai choisi de venir ici faute d'un budget suffisant pour Terre Neuve, mais même de cette façon je dois réserver plusieurs jours au camping sauvage. La première nuit se déroule dans des conditions parfaites, au sud de la ville sur l'agréable promontoire de Pleasant Point Park, très boisé, avec une vue magnifique sur l'Océan, parsemé des ruines d'anciens ouvrages fortifiés, les tours "Martello" du nom d'une localité corse qui donna du fil à retordre aux soldats de sa grâcieuse majesté, après quoi ils furent convaincu de l'efficacité de ce type de construction au point de l'implanter pour la défense du Canada (Il y en a trois autres dans le parc des batailles à Quebec) et convenablement équipé de toilettes publiques dotées de l'eau chaude, comme toutes celles que je trouverais partout dans les parcs et jardins du Canada. Mais ensuite il n'en va plus de même lorsque je m'éloigne de l'agglomération, espérant camper sur le rivage. Je me dirige vers Peggy's cove dont Benoît m'a parlé en termes dythirambiques, mais la route qui y conduit est bordée de forêts aux arbres extrêmement serrés qui ne permettent aucune halte. Dès que je perçois une zone découverte, je m'aperçois à ma grande déconvenue qu'il s'agit d'un terrain où la rocaille alterne avec des marécages. Pas question de pouvoir y planter une tente. Et le long de la route, pas le moindre parking, les entrées de propriétés privées se succèdent sans répit avec leur panneaux inhospitaliers : "private"-"no trespassing". Le rivage n'est pas la longue plage tranquille que j'avais espéré, c'est une succession de fjords effilés entièrement occupée par des résidences de villégiature et les rares fois où la route longe la mer, le bord est escarpé et je ne peux pas poser mes fesses même pour un casse-croûte rapide. Je n'ai d'ailleurs pas intérêt à consommer trop vite : il n'y a pas la moindre épicerie en vue, même dans les (toutes..) petites localités que je traverse. Par bonheur je découvrirais par trois fois de grandes pelouses ombragées pourvues de bancs pour une halte reposante, mais où je ne souhaite pas vraiment passer la nuit : ce sont les cimetières. En flânant parmi les tombes je remarque la grande fréquence de noms français. Tous les acadiens ne furent pas chassés lorsque cette terre tomba aux mains des anglais, certains purent rester et d'autres y revinrent plus tard, ici en Nouvelle Ecosse et dans le Nouveau Brunswick voisin comme je le constaterai en voyant le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge flotter devant certaines gares aux noms indubitablement d'origine française. Le soir venu j'arrive enfin à Peggy's Cove et je dresse ma tente derrière le parking. Le paysage de rochers est magnifique, mais j'ai le ventre vide. Il n'y a qu'un distributeur de boisson, c'est bien suffisant pour les touristes venus ici en car, voiture ou bien à la rigueur en vélo, mais aucun n'a l'idée saugrenue de venir à pied ! Et pour manger, il y a l'unique restaurant dont la spécialité, le homard, n'est pas particulièrement bon marché !
Le lendemain matin le gardien du parking s'inquiète de mes intentions, il espère que je ne compte pas rester une nuit de plus ! Je le rassure, il est visiblement ennuyé d'avoir à me dire de déguerpir, et il faut que je trouve un endroit plus convenable. Il m'indique que les campings se trouvent en fait sur l'autre route en provenance d'Halifax, par le nord, alors que j'avais suivi la route du sud. Je passe la nuit suivante dans le premier d'entre eux, cher : 23 $, presqu'autant qu'une nuit en auberge de jeunesse. Et toujours pas d'épicerie en vue en dehors de celle située à deux kilomètres de Peggy's Cove où j'ai pu me ravitailler ce matin. Ce n'est pas un problème pour les autres résidents qui ont tous un camping car. Il y a même un gigantesque autobus transformé dont les propriétaires regardent "Jurassic Parc" sur l'écran géant de leur salon, dos à l'océan. Le temps est plutôt grisâtre et je finis par me décider à rentrer à Halifax par la route du nord. A partir de Tantallon, il y a effectivement une belle piste cyclable parallèle à la route, mais entourée par la forêt, beaucoup plus agréable que celle que j'avais prise à l'aller. Si elle ne longe pas la mer, elle passe néanmoins devant plusieurs lacs dont l'eau à l'aspect noirâtre ne décourage pas les baigneurs.
J'ai choisi de venir ici faute d'un budget suffisant pour Terre Neuve, mais même de cette façon je dois réserver plusieurs jours au camping sauvage. La première nuit se déroule dans des conditions parfaites, au sud de la ville sur l'agréable promontoire de Pleasant Point Park, très boisé, avec une vue magnifique sur l'Océan, parsemé des ruines d'anciens ouvrages fortifiés, les tours "Martello" du nom d'une localité corse qui donna du fil à retordre aux soldats de sa grâcieuse majesté, après quoi ils furent convaincu de l'efficacité de ce type de construction au point de l'implanter pour la défense du Canada (Il y en a trois autres dans le parc des batailles à Quebec) et convenablement équipé de toilettes publiques dotées de l'eau chaude, comme toutes celles que je trouverais partout dans les parcs et jardins du Canada. Mais ensuite il n'en va plus de même lorsque je m'éloigne de l'agglomération, espérant camper sur le rivage. Je me dirige vers Peggy's cove dont Benoît m'a parlé en termes dythirambiques, mais la route qui y conduit est bordée de forêts aux arbres extrêmement serrés qui ne permettent aucune halte. Dès que je perçois une zone découverte, je m'aperçois à ma grande déconvenue qu'il s'agit d'un terrain où la rocaille alterne avec des marécages. Pas question de pouvoir y planter une tente. Et le long de la route, pas le moindre parking, les entrées de propriétés privées se succèdent sans répit avec leur panneaux inhospitaliers : "private"-"no trespassing". Le rivage n'est pas la longue plage tranquille que j'avais espéré, c'est une succession de fjords effilés entièrement occupée par des résidences de villégiature et les rares fois où la route longe la mer, le bord est escarpé et je ne peux pas poser mes fesses même pour un casse-croûte rapide. Je n'ai d'ailleurs pas intérêt à consommer trop vite : il n'y a pas la moindre épicerie en vue, même dans les (toutes..) petites localités que je traverse. Par bonheur je découvrirais par trois fois de grandes pelouses ombragées pourvues de bancs pour une halte reposante, mais où je ne souhaite pas vraiment passer la nuit : ce sont les cimetières. En flânant parmi les tombes je remarque la grande fréquence de noms français. Tous les acadiens ne furent pas chassés lorsque cette terre tomba aux mains des anglais, certains purent rester et d'autres y revinrent plus tard, ici en Nouvelle Ecosse et dans le Nouveau Brunswick voisin comme je le constaterai en voyant le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge flotter devant certaines gares aux noms indubitablement d'origine française. Le soir venu j'arrive enfin à Peggy's Cove et je dresse ma tente derrière le parking. Le paysage de rochers est magnifique, mais j'ai le ventre vide. Il n'y a qu'un distributeur de boisson, c'est bien suffisant pour les touristes venus ici en car, voiture ou bien à la rigueur en vélo, mais aucun n'a l'idée saugrenue de venir à pied ! Et pour manger, il y a l'unique restaurant dont la spécialité, le homard, n'est pas particulièrement bon marché !
Le lendemain matin le gardien du parking s'inquiète de mes intentions, il espère que je ne compte pas rester une nuit de plus ! Je le rassure, il est visiblement ennuyé d'avoir à me dire de déguerpir, et il faut que je trouve un endroit plus convenable. Il m'indique que les campings se trouvent en fait sur l'autre route en provenance d'Halifax, par le nord, alors que j'avais suivi la route du sud. Je passe la nuit suivante dans le premier d'entre eux, cher : 23 $, presqu'autant qu'une nuit en auberge de jeunesse. Et toujours pas d'épicerie en vue en dehors de celle située à deux kilomètres de Peggy's Cove où j'ai pu me ravitailler ce matin. Ce n'est pas un problème pour les autres résidents qui ont tous un camping car. Il y a même un gigantesque autobus transformé dont les propriétaires regardent "Jurassic Parc" sur l'écran géant de leur salon, dos à l'océan. Le temps est plutôt grisâtre et je finis par me décider à rentrer à Halifax par la route du nord. A partir de Tantallon, il y a effectivement une belle piste cyclable parallèle à la route, mais entourée par la forêt, beaucoup plus agréable que celle que j'avais prise à l'aller. Si elle ne longe pas la mer, elle passe néanmoins devant plusieurs lacs dont l'eau à l'aspect noirâtre ne décourage pas les baigneurs.
lundi 19 juillet 2010
MONTREAL 1






Photos sur site Wikimédia (Pont : Siqbal, vue panoramique : G. Baranski, port : Jacquie Atamanuk, dôme : Eberhard von Nellenburg)
Lundi 7 juin
Me voici en terre de langue française. A l'auberge de jeunesse, lorsque je réserve la nuit du 1° juillet en prévision de mon départ le 2 et que je précise que ce jour est la fête nationale du Canada, on me fait bien comprendre qu'ici, le Canada, on s'en fout et qu'il ne se passera rien de spécial à Montréal. Ca n'est pas exact, il y aura un défilé, mais ça me met tout de suite dans l'ambiance. On insiste : la fête nationale du Québec, c'est le 24 juin et quand je réponds que, justement, ce jour là je serais à Québec, je remonte un peu dans l'estime de la jeune femme qui me garantit que là alors, ce sera la fête. Je profite d'être ici pour revoir Benoît Tousignant que j'avais rencontré il y a deux ans, à Khiva en Ouzbékistan. J'avais remarqué un type avec un vélo plein de sacoches et j'en avais inféré qu'il devait s'agir d'un gars en tour du monde. Je l'avais donc abordé et ma supposition s'est révélée exacte. Depuis j'avais suivi sa progression sur son beau site : http://www.cstrois-lacs.qc.ca/cyclonomade et je ne pouvais manquer de le recontacter en passant si près de chez lui. Mais ce fût de justesse car trois jours plus tard il repartait pour de nouvelles aventures, toujours à vélo, toujours préoccupé par des questions environnementales et de pédagogie, mais exclusivement en Afrique francophone cette fois-ci. Je ne pouvais que le remercier chaleureusement de me consacrer quelques heures arrachées à un emploi du temps plutôt frénétique. Pour ce voyage, on peut le suivre à partir du site précédent, mais il a créé un nouveau site bien à lui : http://benoit-tousignant.com/aventures-africaines/ou-est-cyclonomade.asp car sa profession consiste précisément à enseigner l'informatique. Je m'informe auprès de lui de la situation politique et économique du Québec, cette dernière très dépendante de l'approvisionnement énergétique. Et je me renseigne sur la suite de mon itinéraire : j'avais envisagé de me rendre à la pointe extrême orientale du Canada, la localité de Saint John sur l'île de Terre Neuve, mais je me rends compte à présent que j'ai largement sous estimé les distances, le coût des transports et la rigueur du climat encore quasi hivernal en cette fin du mois de juin. Je me contenterai de la Nouvelle Ecosse, l'ancienne Acadie, terre d'origine des cajuns de Louisiane.
Montréal me semble un petit New York bien que j'estime le nombre des grattes-ciel guère supérieur à celui de la Défense, mais étirés en longueur parallèlement au Saint-Laurent ils dessinent une perspective typique des grandes villes de l'Amérique du Nord. La partie sud-occidentale surtout est majoritairement anglophone tandis que la zone nord-orientale est la vieille ville, limitée à une unique artère parallèle au vieux port, petite donc, mais charmante grâce à son air "vieille France". Tout le long du Saint Laurent s'entrelacent les pistes cyclables bordées de gazon, jusque de l'autre côté du pont Jacques Cartier, sur l'île Drapeau, où le stabile de Calder est l'un des rares monuments (avec l'ancien pavillon des Etats-Unis devenu la Biosphère et l'ancien pavillon de la France devenu...le casino de Montréal !) permettant de se souvenir qu'à Montréal aussi il y a eu une exposition universelle en 1967. A propos d'île, Montréal en est une dailleurs, un bras du fleuve la contourne par le nord. Ce qui empêche de s'en rendre compte, c'est la colline, pompeusement baptisée "Mont Royal", aménagée en parc et d'où la vue, depuis le belvédère, est effectivement ravissante. Ce parc est peuplé de myriades d'écureuils et en redescendant par le versant nord-est j'ai même pu observer un ragondin près d'un marchand de glace chez qui il était venu se rafraîchir.
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