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Aujourd'hui, vendredi 28 mai, il est 15 heures 40 lorsque l'avion de Hong-Kong atterrit à Vancouver. Pourtant nous avions décollé ce même jour à 18 heures 10. Arriver avant d'être parti, voilà le miracle de la ligne de changement de date et de la technologie moderne conjugués. Un article d'une revue scientifique le souligne, d'ailleurs, "le temps n'existe pas". A propos de temps, ici la grisaille s'ingénie à ne pas vouloir démentir le surnom de "Wet coast" donné par dérision à la Colombie britannique, un jeu de mots pour ce qui est en fait la "West coast". La Vancouver des jeux olympiques d'hiver était bien plus ensoleillée. Ce n'est que le 3° jour de mon séjour que je pourrais enfin distinguer les contours des montagnes environnantes et du site de Whistler. L'accueil est cependant chaleureux. Le policier des frontières me demande s'il doit "me servir" en français. Je reste cois, incertain d'avoir bien compris. L'homme s'inquiète à son tour : a-t-il parlé français correctement ? Le moment d'ébahissement passé, je le rassure : non, il parle excellement français, mais je ne m'attendais pas à un tel language venant d'un fonctionnaire (je ne précise pas : encore moins venant d'un policier !) ce serait tout à fait inattendu dans la vieille Europe. Plus tard, au moment du sommet de Toronto, les policiers canadiens montreront qu'ils sont capables de brutalité autant que les notres, mais pour l'heure je baigne dans l'euphorie des moeurs de ce nouveau continent. Je gagne le centre ville et après avoir pris ma chambre je me rends à la gare pour échanger le voucher contre le railpass d'une durée de un mois que je vais bientôt utiliser pour traverser tout le Canada. Dans ce pays, le train est un moyen de transport archaïque et folklorique, car quand on ne peut pas prendre sa voiture on prend l'avion et, si l'on n'a que des petits moyens, le bus est plus avantageux. La plupart des voyageurs sont des retraités qui ont tout leur temps pour faire du tourisme à l'ancienne. Le guichet et les employés me font l'impression de revivre un vieux film d'avant-guerre, même s'ils utilisent à présent un ordinateur, dont l'écran est caché dans les boiseries. Un unique train de quelques wagons s'ennuie sur l'unique quai. Nous sommes loin de la gare de Lyon au moment des départs en vacances !
Pour regagner le centre, je passe par Chinatown et je mange encore une fois dans un restaurant chinois, à peine plus cher qu'à Hong-Kong. C'est ce qui existe de moins onéreux, en plus d'être bon ! Il va falloir que je m'habitue à des prix 3 à 10 fois plus élevés qu'en Chine. Il ne suffit pas de lire l'étiquette pour les connaître : les taxes et le service ne sont pas inclus. Durant mon voyage l'euro a connu une grave crise. Il est tombé au plus bas tandis que le dollar canadien ne s'est jamais aussi bien porté, il vaut maintenant autant que le dollar tout court, le billet vert. Je vais avoir du mal à tenir 35 jours à ce tarif, mais je ne peux pas changer la date de mon vol de retour, sinon en payant plus qu'il n'en vaut la peine.
Le front de mer est prestigieux, d'immenses navires de croisières y sont amarrés. Un gigantesque globe terrestre tournant lentement sur lui-même est suspendu sous le plafond du grand hall du centre de conférences international. Je ne me lasse pas de le contempler et d'y situer mes parcours. Le jour suivant, c'est trempé jusqu'aux os que je parviens jusqu'aux grands totems dans le parc Stanley, de l'autre côté du port. La pluie ne décourage pas les nombreux usagers de la piste cyclable. D'ailleurs, s'ils devaient attendre le beau temps, ils ne sortiraient jamais ! Malgré ce handicap, Je découvre précisément à ce moment un classement des villes les plus agréables du monde, sur internet, et Vancouver y figure en 4° position ! ça doit en tout cas être l'avis des innombrables palmipèdes (bernaches, appelées ici outardes) qui se prélassent sur un gazon d'un vert à faire pâlir ceux d'Angleterre de jalousie, complètement indifférents aux promeneurs. Et il y a aussi des échassiers sur les bateaux du port. Visiblement, les canadiens ont un grand respect pour la nature et vivent en parfaite coexistence avec nos amis à poils ou à plumes.
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